dieuredieufé serigne makhtar Bineta lô, Touba soura
27/07/2007 17:37 par toubalovers
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Le Prophète Muhammad vu par les grands penseurs de l'Occident
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Note : Cet article, tiré de l’excellente traduction française du Coran de Cheikh Hamza Boubakeur, a été déjà publié, en même temps que d’autres articles, dans le N° 0 de notre bulletin de recherche KHIDMA en ligne à cette adresse www.majalis.org/ouvrages/pdf/khidma_num0.pdf |
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J'invoque la Protection de DIEU contre Satan, le lapidé.
Au Nom de DIEU, le CLEMENT, le MISERICORDIEUX.
Dans le cas contraire…"Inna li Lâhi wa inna ileyhi râjihoûn " (C'est de DIEU que nous procédons et c'est vers LUI où nous retournerons).
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Cet article constitue la préface d'un ouvrage de Mamadou Touré, "Cheikh Ahmadou Bamba ou les fondements de la Voie Mouride, inspirés du Coran et de la Sunna", publié par une éditrice américaine, Michelle R. Kimball, auteur également de cette préface. Michelle R. Kimball est la fondatrice d'un mouvement pacifiste américain appelé International Peace Project (www.intlpeace.org), une organisation à but non lucratif, créée en 1998 en Californie, qui s'est donnée pour mission de promouvoir la paix dans le monde par le biais de l'éducation, l'action humanitaire, les échanges culturels etc. Sa fondatrice, qui fit notamment partie des dizaines de militants pacifistes ayant osé violer, en 1998, les sanctions imposées à l'Iraq par l'ONU pour apporter au peuple iraqien de la nourriture et des médicaments, nous présente ici, à n'en point douter, un regard frappant et une approche assez saisissante de la portée réelle et universelle des enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, du sens de son combat non-violent et de la haute valeur sociale de son patrimoine spirituel, idéologique et culturel ; un regard dont les profondes et logiques implications dans les oppositions civilisationnelles actuelles et les conflits géostratégiques du monde moderne, bien actualisées, peuvent quelques fois, nous le verrons, donner presque le vertige…
Cheikh Ahmadou Bamba,
Un Musulman du Vingtième Siècle Artisan de la Paix
Par Michelle R. Kimball, Santa Barbara, Californie (USA), Février 2005
Dans le contexte hautement tourmenté du monde actuel, caractérisé par le choc apparent des civilisations islamique et occidentale, la vie d’un musulman artisan de la paix mérite d’être mise en évidence : un saint musulman qui mena, au cours du siècle passé, un combat victorieux et entièrement non-violent pour la paix. Sa vie enrichissante, passée en Afrique de l’Ouest, fut marquée par 33 ans d’emprisonnement mais son profond message demeure universel et se perpétue jusqu’à nos jours à travers la vibrante tradition qu’il a léguée.
Cheikh Ahmad ibn Muhammad ibn Habiballah, plus connu sous le nom de Cheikh Ahmadou Bamba (1854-1927), a laissé une quantité impressionnante d’odes, de prières, de poèmes et de riches textes portant sur l’éducation spirituelle et religieuse. L’œuvre littéraire de Bamba peut ainsi être rangée en 7 catégories, la plupart étant versifiée en métriques rythmées :
1. Poésie et adab (règles de bienséance spirituelle),
2. Apprentissage des pratiques et des principes de l’Islam orthodoxe,
3. Ecrits composés durant l’exil,
4. Ecrits glorifiant Dieu et faisant l’éloge du Prophète,
5. Oraisons initiatiques et litanies mystiques,
6. Instruction,
7. Invocations.
Bamba a ainsi écrit : "Je suis venu pour enseigner et insuffler la connaissance à tous ceux qui désirent être préservés des ténèbres (de l’ignorance)" [1]
"Les écrits du Saint homme sont à la fois très éducatifs au plan extérieur tout en demeurant profondément ésotériques. Ce qui implique qu’une étude attentive soit nécessaire pour pénétrer leurs arcanes" comme s’y accordent aussi bien ses disciples que certains chercheurs occidentaux comme Louis Massignon [2].
La plus grande partie du patrimoine sacré, littéraire et musical de Bamba n’est jusqu’ici pas encore traduit dans les langues occidentales à partir de l’arabe et du wolof. Ainsi le nombre des œuvres de Bamba traduites en anglais reste relativement peu important en dépit du fait, comme l’écrit David Robinson, que Bamba soit devenu l’un des poètes et maîtres mystiques les plus extraordinaires des 100 dernières années [3].
Au moins 41 parmi ses ouvrages ont été publiés, mais il est rapporté qu’une grande partie de ses écrits demeure encore cachée et n’est pas encore éditée. Ce qui a été publié de ses écrits, pour la plupart d’entre eux, est souvent imprimé de façon assez informelle sur du papier de qualité moyenne dans les imprimeries de Dakar, de Casablanca et quelques fois de Tunis [a]. Il existe aussi des travaux en arabe effectués sur Bamba, de même que des études spécialisées en anglais sur l’impact historique, sociologique, économique et politique du mouvement qu’il a fondé, au même titre que de ferventes œuvres s’inspirant de son combat, de ses miracles et des récits légendaires sur sa vie. Quant aux travaux publiés en français, ils comprennent une biographie de Fernand Dumont consacrée à la vie spirituelle de Bamba, de même que des correspondances entre Bamba et les autorités coloniales françaises collectées par Oumar Ba [b]. L’une des recherches les plus complètes publiées en anglais fut menée de façon magistrale par Allen F. et Mary Nooter Roberts [UCLA Fowler Museum of Cultural History, Education Department, Los Angeles] et porte sur la culture artistique qui s’est développée autour du patrimoine de Bamba. Leur longue recherche (qui intègre un grand nombre d’aspects de la vie de Bamba et de ses enseignements) a donné naissance à un programme académique [4] et à un musée itinérant très vivant dont les expositions font actuellement le tour des Etats Unis [5].
Dans le vaste paysage et la riche diversité d’expressions de l’Islam en Afrique, la zone de l’Afrique occidentale, le Sénégal en particulier, représente un cas exceptionnel d’épanouissement de la religion et d’intégration entre la pure orthodoxie et la mystique classique. La tradition spirituelle, préservée et symbolisée par les grands maîtres spirituels de cette région, a inspiré et imprégné d’une touche spirituelle unique toutes les composantes de la culture locale : extérieures, musicales, urbaines, économiques, sociologiques, spirituelles et littéraires. La cohésion sociale et l’évolution culturelle qui se sont construites autour de l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba, en particulier, peuvent être considérées comme simplement prodigieuses.
Historiquement parlant, l’islamisation de l’Afrique Occidentale se fit, à travers le commerce, par l’intermédiaire des voies mystiques et grâce à la remarquable influence des fondateurs des grandes confréries musulmanes, particulièrement Cheikh ‘Abd al-Qadir Jilani (m. 1166), Cheikh Ahmed al-Tijani (m. 1815) et Cheikh al-Shadhili (m. 1236). Cheikh Ahmadou Bamba (qui a été initié à toutes ces trois confréries) fonda en 1883 un ordre nouveau, la Muridiyyah. Bamba, qui affirmait : "L’amour de Dieu constitue ma religion", reconnut cet éminent héritage spirituel et attesta qu’il ne fit rien d’autre que transmettre en vers le message invariable des nombreux illustres maîtres spirituels l’ayant précédé, tels que Al-Basri, Ibn al-‘Arabi, al-Junayd, al-Hallaj, Ibn ‘Atallah, Al-Ghazali, ‘Abd al Qadir al-Jilani, jusqu’aux plus récents fondateurs, propagateurs ou vivificateurs des confréries d’Afrique du Nord, tels que al-Zarruq, Ahmad al-Tijani, al-Sanusi, al-Shadhilli, de même que celles d’Afrique au sud du Sahara, comme Muhammad al-Yadali, Muhammad al-Daymani ou Mukhtar al-Kunti. Sur cette terre sénégalaise des saints et des confréries soufies, près de quatre-vingt-dix pourcent de la population est affiliée à l’une des trois grandes voies spirituelles : la Muridiyyah [6], la Tijaniyyah ou la Qadiriyya.
Malgré l’opposition d’obstacles apparemment insurmontables, la confrérie soufie mouride a aujourd’hui atteint un sommet dans sa puissance et dans son influence populaire, politique et économique. "L’expansion de cette tariqah [voie soufie]", écrit Spencer Trimingham, "se doit d’être perçue comme la force religieuse la plus puissante au Sénégal. " [7]
Le Sénégal est considéré comme un modèle de démocratie en Afrique [8] ; c’est ainsi qu’au milieu du climat globalement agité de l’Afrique, le Sénégal réussit à élire, en 2000, de manière tout à fait pacifique, le Président Abdoulaye Wade, un mouride.
«Le Mouridisme constitue l’un des caractères les plus distinctifs de la vie sociale sénégalaise. En effet, il ne serait point possible de comprendre comment la « pétillante et vigoureuse démocratie » républicaine en a fait un «foyer d’espérance…au milieu d'une région troublée » si l’on n’apprécie pleinement son mouvement religieux le plus influent au point de vue économique et politique. Le Mouridisme constitue ainsi le lien entre toutes les activités profanes et religieuses.
Le Sénégal possède également une longue tradition de coexistence pacifique et de tolérance entre la majorité musulmane, les chrétiens et les autres minorités religieuses. La frappante stabilité du pays peut ainsi être directement attribuée au rare équilibre de pouvoir entre le gouvernement sénégalais, les mourides et les autres communautés religieuses. » [9]
La valeur de l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba ne réside pas uniquement dans son attrait pour les sénégalais mais également pour ce qu'il symbolise aux yeux de tous ceux qui s’intéressent au phénomène de l'intégration de l’Islam dans une société donnée. En effet, les perceptions des occidentaux envers l’Islam ne prennent pas habituellement en compte les modèles africains mais se limitent souvent aux modèles arabes, d’Asie de l’Est ou wahhabite, constituant les modèles dominants chez les communautés immigrées en Occident, à travers notamment leurs pratiques religieuses quotidiennes et à l’intérieur de leurs mosquées. La version de l’Islam exportée par les immigrés, détachée de son foyer spirituel, devient souvent aride et a tendance à perdre sa vigueur interne et sa vitalité, bases de sa capacité d’adaptation à la société occidentale. Au-delà de la valeur même de la vie de Bamba et celle de ses enseignements pour certains groupes sociaux particuliers, il a su également rappeler l’aptitude de la religion à s’adapter à différentes cultures et à divers peuples, de même que le caractère d’universalité de la religion à travers ses fondements essentiels.
Le succès du mouridisme constitue en ce sens une exception par rapport à ce que l’on observe habituellement dans le monde moderne : l’abandon, le rejet et la perte de cette profonde tradition religieuse ou même sa trahison et son éviction de la sphère politique, sociale et intellectuelle [10]. L’influence mouride dans la société sénégalaise constitue une preuve que la force et la vitalité de cette dimension essentielle de la tradition de l'Islam, associée à l’importance sociale des voies spirituelles, peuvent aider à maintenir la cohésion du tissu social.
Il existe également une remarquable culture folklorique bâtie autour du patrimoine de Cheikh Ahmadou Bamba [11]. On peut aussi aisément déceler dans la littérature populaire, dans les caractéristiques urbaines, musicales et extérieures de la société sénégalaise, l’essence même des enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, ce qui démontre la capacité d’une tradition authentique à transformer le cœur et l’âme d’un peuple et d’une société.
Certes, une analyse plus poussée de la contribution de Bamba dans le renouveau culturel et spirituel de son peuple démontrera, à n’en pas douter, la véritable portée que son message universel et son combat non-violent ont pour atteindre la paix dans le monde d'aujourd'hui.
Michelle R. Kimball
Santa Barbara, Californie
Février 2005
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« Le stratagème de l’existant »
(Philosophe et théologien)
« Un jour, bien avant sa déportation, devant les membres de sa famille inquiète de ses relations avec les Autorités coloniales, Ahmadou Bamba posa les questions suivantes : - Où est Ma Ba Diakhou BA ? tué à Somb! - Où est Ahmadou Cheikhou le Lam-Toro ? tué à Samba-Sâdio! - Où est Mamadou Lamine ? tué à Lamen-kotto! - Où est Lat-Dior Ngoné Latyr ? tué à Dekhlé! - Où est Samba Laobé Khourédia MBODJ ? tué à Tivaouane! - Où est Alboury NDIAYE ? parti en exil! » [1]
Au-delà de ces considérations d’ordre exotérique, la présence coloniale était perçue par le marabout, d’un point de vue strictement ésotérique, comme une opportunité unique de réaliser ses desseins mystiques. En effet, le fameux Pacte du Khidmat conclu en 13011H/1894 avec le Prophète contenait des clauses rigoureuses de mise à l’épreuve. La mise en œuvre dudit Pacte impliquait la présence impérative d’un redoutable "bourreau". La présence française offrait, pour ainsi dire, au marabout la double possibilité de se mettre en action pour réaliser sa destinée mystique et de se poser, concomitamment, en défenseur du peuple. Cette capacité de retourner à son profit une situation donnée et de capter le réel dans sa nudité s’étaient déjà signalés très tôt avant même l’année du Pacte à travers sa rencontre avec Lat-Dior roi du Cayor en 1304h/1886. En effet, c’est aux pires moments de désoeuvrement, de solitude, de déchirement intérieur que Lat-Dior, inconsolable, est venu solliciter conseil et réconfort auprès du Sheikh. Ce fut sans doute le prétexte guetté par le marabout pour divulguer ses intentions et déclarer obsolète la lutte par les armes. C’est, justement, Sérigne Bachirou MBACKE (célèbre biographe et fils de A. Bamba) qui nous rappelle à cette occasion la réponse, restée célèbre dans l’histoire de la résistance coloniale au Sénégal, que le marabout assena au roi déchu, affaibli par la saignée de son armée, tourmenté par les défections familiales et s’entêtant, par un sursaut d’orgueil suicidaire propre aux ceddo, à vouloir vaille que vaille affronter l’armée coloniale française : « L’avis, en ce qui concerne les vicissitudes et les traîtrises de la vie, est de se détourner d’elle en laissant aux "nouveaux maîtres du pays" [les Français] le soin de le gouverner, car ils semblent si forts que rien ne peut leur résister à moins que la volonté divine s’y oppose. Et il n’est point permis à quiconque doué de raison d’y apporter la moindre controverse (...)»[2]. Déclaration pour le moins surprenante, de la part d’un Sheikh-ul murabbî (maître spirituel) de la trempe du Sheikh. Elle suscite, en toute légitimité, étonnement et interrogations au vu du grand fossé qu’il semble y avoir entre la légendaire foi mystique du marabout et la position de résignation apparemment accusée ici. Car il est généralement admis dans les grandes croyances religieuses que la victoire sur l’ennemi n’est fonction ni de la puissance ni du nombre des forces en présence mais repose plutôt sur la foi inébranlable des combattants. La confiance en la Foi religieuse comme arme supérieure, même portée par un nombre minime, est souvent perçue comme force victorieuse contre toute adversité. «Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d'Allah, vaincu une troupe bien plus importante!» Al-Baqara (la vache), V. 246. On pourrait alors s’interroger sur les raisons qui ont conduit le Sheikh à passer délibérément outre ce précepte? Percer ce mystère permettra de déceler le bon sens qui sous-tend ses agissements. En effet, la dérogation apportée à ce principe est éminemment instructive dans la mesure où elle permet de saisir la personnalité profonde du Sheikh. Guidé par un parfait sens des réalités, il met en veille tout son bagage mystique pour reprendre le personnage du « bon père de famille » qui s’efforce d’épargner à ses compatriotes les atrocités d’une confrontation inexorablement vouée à l’échec. Le Sheikh était pertinemment conscient qu’il n’y avait pas de commune mesure entre la force de la Puissance expansionniste coloniale et la résistance des populations sénégalaises habituées à des formes de guerre remontant à des époques révolues. Paul Marty, officier interprète de l’administration française, n’a pas manqué, dans ses chroniques, de mettre en relief ce réalisme du Sheikh : « Ahmadou Bamba -malheureusement pour lui- est arrivé trop tard. Il s’est constamment heurté à l’expansion française alors en pleine vigueur. Le rôle des Hadj Omar, des Ma Ba, des Amadou Cheikhou, des Mamadou Lamine, des Samory, encore possible jusqu’en 1898, ne l’est plus depuis cette époque ; il a bien fallu – et non sans peine – que Sérigne Bamba s’en rendît compte. »[3] C’est bien ce que le Sheikh a compris en mettant au point une nouvelle tactique qui rompt avec ce à quoi la poudrière politico-sociale de l’époque nous avait accoutumée jusque-là. Selon les aveux mêmes du marabout, c’est de façon délibérée qu’il choisit cette option : « Mon combat se fait par le savoir et la crainte révérencielle de Dieu en ma qualité d’Esclave de Dieu et de Serviteur du Prophète, le Seigneur qui régente toute chose en est témoin [4]».
C’est dans cette perspective qu’il faut envisager l’œuvre du saint homme. Car le champ d’action et d’influence ciblé par le Saint du Baol était tout à fait identique à celui visé par les colonisateurs. Ceci est compréhensible du fait que le marabout avait prôné la renonciation à toute confrontation directe avec les intrus pour mobiliser toutes ses ressources dans la bataille intellectuelle (libertés politiques et les droits citoyens) et spirituelle (libertés de conscience et de culte, tuqâ). Cette stratégie originale consistant à partager le même champ d’action que l’ennemi, dans le but de le transformer en allié, nous paraît sans précédent dans l’histoire de la résistance à la colonisation. Tout apparaît comme si le marabout, voulait inviter les autorités coloniales à qui mieux mieux dans la bataille pour l’influence et le contrôle des masses paysannes. Il ne cherche nullement à bouter les toubabs (blêmes) hors du pays mais à leur faire accepter sa présence comme acteur incontournable dans la conquête et la direction de la conscience du peuple. Pour lui, toute tentative de combat était improductive et menait lamentablement à la défaite. Comprenant cela bien mieux que quiconque, il s’était aligné dans le sens du combat pour les idées et de la conquête des libertés. Il offrait aux populations de manière paisible dans une ambiance généralement pacifiée une autre vision du monde. Le marabout ne mettait au défi les idéaux-colonisateurs que pour mieux les confondre et les combattre. Il provoqua, par ce procédé proactif, la chute de « l’ancien système ». Il avait acquis l’intime conviction que la nouvelle civilisation apportée par les Blancs renfermait des aspects incontestablement positifs et qu’il était recommandé sinon nécessaire d’en tenir compte. La pertinence de cette position, d’un point de vue strictement historique, confère au combat du Sheikh une portée tout à fait particulière. C’est une "curiosité" dans ce domaine. Il faut en effet constater que le Sheikh laissait agir les colonisateurs sans se confronter à eux directement, mais en échange, il s’arrogeait le droit d’agir à sa guise sans devoir rendre compte aux autorités coloniales de son action. Ce faisant, il procurait aux populations plongées dans l’environnement pervers et matérialiste de l’époque, la possibilité de corriger les lacunes inhérentes à ce système et, par conséquent, de s’amender honorablement. De nos jours, on pourrait déceler ce double aspect des choses chez les tâlibés murîdes : résolument tournés vers le progrès et la modernité mais aussi profondément enracinés dans les valeurs nationales et spirituelles. Une attitude que le Sheikh a léguée à la postérité [5] : c’est l’idée de «l’enracinement-ouverture» théorisée plus tard par Léopold Sédar Senghor, Cheikh Anta DIOP et autres. Les exemples ne manquent pas pour étayer cette affirmation. En effet, il existe d’innombrables cas où le marabout montre son intérêt pour la culture française et reconnaît à la civilisation de l’envahisseur une certaine qualité. Il suffit de rappeler à ce propos la consultation que le marabout a mené pour recueillir l’avis de son entourage suite à la demande de l’administration coloniale au sujet de la création d’une école Franco-Mouride. A cette occasion, le Sheikh s’était rangé à l’avis de son cousin Sérigne Mbacké BOUSSO (1864/1281h-1945/1364h), qui préconisait une acceptation de cette demande en arguant que leurs enfants y apprendraient les connaissances et le "savoir-faire" des envahisseurs mais il avait assorti à cette acceptation la condition que l’Ecole ne se situât pas en dehors de la zone d’influence et de contrôle parental[6]. Dans cette nouvelle optique, la critique consistant à considérer l’attitude du marabout comme passive ou résignée comme d’aucuns ont eu à le penser, nous apparaît sous un éclairage nouveau. En effet, loin d’une quelconque passivité, et à contre-pied de toute idée de résignation, le marabout oppose aux colons français le « stratagème de l’existant », c'est-à-dire la présence concurrentielle dans le même champ d’action de deux protagonistes déterminés à se mesurer l’un à l’autre pour remporter l’adhésion des populations, les positions de faveurs ainsi que les intérêts supérieurs en jeu. Notons avec intérêt que l’administration française désappointée par la tactique du marabout s’employa avec acharnement à déjouer ses plans. C’est ainsi que, fidèle à sa réputation, elle tenta de le juguler en se servant de la « stratégie du bannissement et de l’isolement ». La mobilité du marabout à cette époque (différents exils) n’avait d’autre justification que la déroute et l’inquiétude qu’il avait réussi à installer chez ses ennemis : deux exils hors de son pays, au Gabon (entre 1313H/1895 et 1320H/1902) et en Mauritanie (entre 1321H/1903 et 1325H/1907, des résidences surveillées à l’intérieur de son pays, à Tiéyène (entre 1320H/1907 et 1330H/1912 et à Djourbel (entre 1330H/1912 et 1346H/1927). Le but ainsi visé était clair et sans équivoque : maintenir le marabout le plus loin possible de ses fidèles, réduire à néant toute possibilité de propagation de ses idées (faire le siége des idées du Guide). Il était donc évident que le marabout en s’autoproclamant détenteur du flambeau qui éclaire la conscience et la voie du peuple noir avait suscité le courroux du colonisateur : «Fais de moi, par égard [au Prophète] le phare du peuple noir.[7]» Un phare, dira-t-il tendrement, réussit toujours à éclairer de haut et de loin, il méprise les sièges et les encerclements. A cette belle métaphore du marabout, l’administration française répond par des prises de décisions[8] tendant à rendre, dans une certaine mesure, la stratégie du marabout inopérante. En général, l’attitude constante de l’Administration coloniale a toujours consisté à appliquer au marabout la politique du "containment" en canalisant son influence et à répondre à ses "poussées" par la déportation. En outre, le Sheikh était conscient du principe islamique selon lequel « Nul ne peut interdire un comportement s’il ne lui substitue un autre meilleur et qu’il ne garantisse le succès d’un tel changement [9]». Autrement dit, si pour combattre le Mal et prôner le Bien, l’usage de la force devient nécessaire, celui-ci cependant ne pourrait se justifier que s’il garantit la réussite de cette démarche et qu’il n’engendre certainement pas un préjudice supérieur. Ahmadou Bamba savait donc qu’il ne pouvait déconseiller la résistance armée qu’en proposant une autre forme de résistance qui intégrerait l’efficacité des armes sans en comporter les inconvénients. Un pari que le "Sheikh suprême" semble avoir largement réussi. Et, à supposer même que l’action du Sheikh ne se réduirait qu’à une simple imposition du silence aux armes, cela suffirait déjà, pour tout observateur neutre, à la considérer en soi comme une réelle prouesse et une retentissante victoire. On peut donc affirmer, au moment du bilan, que le choix de la stratégie de combat n’est assurément pas fortuit chez le marabout. Il procède d’une attitude responsable et donne un aperçu de l’adéquation de la conduite si judicieusement adoptée, en l’occurrence la non violence, (prélude du climat de dialogue qui a permis l’octroi de l’indépendance), à la complexité de la situation. C’est une démarche réfléchie imposée par la tournure prise par les événements et les vicissitudes de l’époque. Elle met en évidence la perspicacité du marabout, sa profondeur d’analyse et son opportunisme, en un mot son PRAGMATISME : qualité dont il a fait preuve durant toute son existence. Mouhameth Galaye N’DIAYE. Bruxelles, Belgique. E-mail: galaynd@yahoo.fr GSM : 0032-498.84.90.63 |
Cet article sera publié ultérieurement.
TOUBALOVERS à l'université cheikh anta diop de Dakar, couronné par le Dahira Miftahu sahada à l'image de serigne bassirou ndiaye se veut un espace ouvert à tout le monde sollicitant une participation ou tout au moins une observation participative dans le but que nous nous fixons: la vulgarisation de l'oeuvre incommensurable de CHEIKHOUL KHADIM mais aussi de tous les illustres personnes ainsi que les panégyriques formés à son école et dont les bases métriques et la prosodie arabe comme wolofal ont ébranlé les plus grands philologues. En outre, le TOUBALOVERS a le plus grand plaisir de consacrer un article à cheikh mouhamadou mourtada( radiyalahou hanehou) dont l'oeuvre inestimable dépasse largement les frontière du Sénégal. Que sa lumière éternelle éclaire nos âmes. Que tous ceux qui s'interessent à ce site ou qui nous ont gratifié de leurs reflexions, de leurs suggestions trouvent ici l'expression de notre sincère gratitude et que les retombées rejaillissent sur les famille et tous ceux leur sont proches! Que Dieu accorde une santé à toute épreuve et une très longue vie au vénéré khalife general Serigne Saliou Mbacké, au khalife des baye-fall serigne cheikh djeumb fall et à tous les descendants de CHEIKHOUL KHADIM pour que l'humanité toute entière continue de bénéficier de la grâce éternelle du tout puissant! Modou Guèye
Au delà de ce qui nous est donné,
Au delà de ce que nous pourrons donner,
Existe le domaine des privillégiés,
Ceux qui émerveilleront tous les esprits éclairés
Ceux aux valeurs surhumaines et surréelles,
Leur action n est jamais égalée
et n aura jamais de parallèle.
C est juste et atypiquement le vénéré khadimou rassoul de Touba
Qui a défendu celui que d autres critiquaient tout bas.
L être qui a redressé paisiblement le train de vie de l ISLAM,
Devant le redoutable colon qui réprimait sans état d âme
Aux résistants qui s abstiennent à l idée de renoncer,
Mais à travers les durs et éprouvants moments avec les français
Le père de serigne saliou a choisi la victoire de l islam
dans sa totalité Sans jamais eu de remords,
au bénéfice de toute l humanité
Son retour d'exil est notre fête
Et sa résistance sans faille témoigne sa place au faîte.
Modou Guèye modou769@hotmail.com gueyemodou20042003@yahoo.fr
« (…) En effet, je ne révèle rien en évoquant les déplacements fréquents du Cheikh dans cette partie du monde où il a été au mois de juillet à l’occasion d’une grande rencontre organisée par un américain, le directeur Mouhamed Ballozi, très crédible aux yeux de nombreuses personnalités de l’administration américaine et chercheur de grand talent. Il a approché et cerné la pensée de khadim Rassoul et pris la résolution de cheminer derrière le maître et ami Cheikh Mourtada Mbacké (Radiyallahou han hou) pour la face d’Allah.
Soucieux de faire partager à ces compatriotes et à l’humanité toute entière l’universalité du Mouridisme, il décide de faire du 28 juillet la journée Cheikh Ahmadou Bamba à New york. Ainsi, sous la présidence d’honneur de Cheikh Mourtada, de nombreuses personnalités se sont associées à cet évènement qui a connu des temps forts avec la contribution d’un membre du Congrès et d’un député de la ville ; et du reste, des adeptes mourides ont déplacé une capacité de mobilisation extraordinaire.
Désormais, une structure est en place pour l’information et la documentation tant en direction des mourides que des non mourides afin de mieux servir l’homme à travers Khadimou Rassoul.
Avant son départ, Serigne Mourtada a réuni à la maison des mourides tous les fidèles autour du thème « Organisation et rôle d’une association islamique ».
Cette association sera identique à celle créée au Sénégal et les autorités lui ont délivré un récépissé en bonne et due forme. Elle est dénommée « union internationale des institutions culturelles islamiques » et est une cellule de la section mère du Sénégal.
De la sorte, Cheikh Mourtada Mbacké a mis sur pieds une structure groupant les mourides d’origines américaine et autres. C’est dire que la voie du Mouridisme progresse et l’on ne saurait lui assigner des limites. En somme, le voyage du Cheikh est placé sous le signe de la vulgarisation en réponse aux interpellations de la société américaine représentée en l’occurrence par un membre du congrès, un conseillé Municipal de New York et le docteur Ballozi qui dirige un centre d’Etudes sur le Tiers-Monde. »
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